Dauphine a sorti plusieurs Masters de la catégorie des « diplômes nationaux » pour en faire des « diplômes de grand établissement ». Afin de conserver le beau titre de « Master » à ces diplômes, le Ministère a prévu de leur attribuer le « grade » de Master. Ainsi, un décret attribuant ce grade aux diplômes de Sciences po a été étendu à ceux de Dauphine.
Il n’est pas inutile de rappeler que dans l’enseignement supérieur, il n’existe pas de « programme national » qui s’imposerait à chaque diplôme. Ainsi, les Masters d’une même discipline offrent un contenu didactique très différent d’une université à une autre, avec un volume horaire variant du simple au double… L’appellation de « diplôme national » ne valide donc pas la conformité à un programme, et un diplôme « national » n’est rien d’autre qu’un diplôme local visé par le Ministère.
Les subtilités juridiques (diplôme ou grade, national ou pas, etc.) échappent aux étudiants et aux entreprises. En revanche nul n’ignore que la qualité d’un diplôme est fortement attachée aux caractéristiques de l’établissement qui le dispense. L’habilitation « nationale » d’un diplôme est une sorte de précaution minimale que s’autorise l’Etat pour refuser de financer des diplômes indigents. Mais les étudiants sont enclins à « maximiser » la valeur de leur diplôme plutôt qu’à assurer un « minimum ». Les employeurs raisonnent évidemment de la même manière.
En affichant des « diplômes de grand établissement », Dauphine envoie donc un signal explicite : elle a suffisamment confiance dans la qualité de ses diplômes pour revendiquer sa propre habilitation. Dans le même temps, Dauphine se soumet à une évaluation renforcée, en postulant à l’accréditation Equis. Nous prenons tous nos degrés de liberté, et nous augmentons dans le même temps la pression sur la qualité. C’est notre manière d’enclencher la vitesse supérieure sur la voie de l’autonomie.

Contact : université Paris-Dauphine, Cécile Fondeur, 01 44 05 41 03,